Longueur: 16 kilomètres
Niveau de difficulté: Classe R II-R V (selon le débit)
Pente moyenne: 0,5% (dernière section 5% !)
Débit: 40 m3/s à 350 m3/s
Historique:
Les premières descentes exploratoires de la rivière furent accomplies par José Mediavilla et un groupe de kayakistes de Rouyn-Noranda au début des années 1970. À cette époque, il n'existait pas de route de sortie alors, descendre la Kipawa impliquait une pénible remontée de 7 km à travers bois pour rejoindre la route 101. En 1985, José fit découvrir la rivière à deux pagayeurs du Nord de l'Ontario, Doug Skeggs et Peter Karwacki, qui baptisèrent la plupart des rapides avec les noms qu'on leur connaît aujourd'hui. Doug, Peter ainsi qu'une poignée de pagayeurs formèrent le Northern Ontario Liquid Adventure Club (NOLAC) et la première édition du Festival de la rivière Kipawa eut lieu cet été-là.
Traditionnellement, le Festival se déroule la troisième fin de semaine de juin. Au cours des quatorze dernières années, la beauté inégalée de la rivière, son rythme rapide et ensorceleur ainsi que ses paysages enchanteurs ont attiré des centaines de pagayeurs.
N.d.T. Les premières années, le festival se tenait pendant le long congé de la fête du Canada, le 1er juillet; désormais, il a lieu lors du congé de la Saint-Jean Baptiste, le 24 juin.
Flore:
La Kipawa est une magnifique rivière vierge dont l'eau est pure et limpide. Il n'y a aucune route, aucun bâtiment ou chalet le long de ses 16 km à l'exception de «la vieille halte routière» où la rivière se rapproche de la route 101 sur une courte distance. On retrouve sur ses rives boisées un mélange d'épinettes, de pins, de sapins baumiers, d'érables, de bouleaux et de cèdres. La section inférieure de la rivière est particulièrement magnifique en aval du rapide du Pont Brisé où se dressent de gigantesques pins blancs et pins rouges surplombant la bordure de cèdres plus près du rivage.
Faune:
On rencontre fréquemment des huards, des becs-scie et des hérons entre les rapides de la section supérieure et des canards tout le long de la rivière. Dans la section inférieure, à l'endroit où le rapide Hollywood se jette dans le lac Témiscamingue, des balbuzards, des faucons émerillons et des faucons pèlerins ont été observés. Occasionnellement, orignaux, chevreuils, ours et rats musqués ont été aperçus.
Description:
La rivière Kipawa est assurément l'une des meilleures, et peut-être même la meilleure, rivière pour pratiquer le kayak d'eau vive de niveau intermédiaire de l'Est du Canada. Elle est praticable peu importe le débit. À son niveau le plus bas, les rapides ne dépassent pas le niveau R III, sauf le Dragon de Pete, les trois seuils centraux du rapide Hollywood (niveau technique élevé de classe R IV).
Note: La description qui suit peut varier selon le niveau de l'eau. N'oubliez pas d'examiner attentivement chaque rapide dans les zones peu familières afin de vous assurer de l'absence de débris qui pourraient obstruer la voie.
Le barrage
(Classe III pour tous les débits):
Le barrage de régulation de débit situé sous le pont de la grande route à Laniel, est vraiment navigable pour tout niveau supérieur à 86 m3/s (anciennement 120 m3/s) (voir photo). Il a été navigué avec 63 m3/s (ancienne valeur 90 m3/s) mais, si ce débit est réparti sur deux vannes, la chute peut être trop verticale et nous déconseillons de la naviguer, mais c'est à vous de choisir.
Rock and Roll
classe R III-IV+, selon le débit
Ainsi baptisé par un guide-moniteur de Wilderness Tours vers 1985, ce rapide est fréquemment portagé par les kayakistes qui n'aiment pas son aspect abrupt et rocailleux. La descente habituelle consiste à passer à droite du centre, immédiatement à gauche de deux petits rouleaux formés en réaction à un muret de pierre effleurant la surface de l'eau. Prenez la droite, puis redressez-vous afin de prendre un étroit canal d'eau profonde qui passe à droite de tous les grands rouleaux du centre. Prenez à gauche pour retourner vers le centre de la chute dès que vous avez passé les grands rouleaux. Une alternative existe lorsque le débit est inférieur à 100-110 m3/s (anciennement 150 m3/s), elle consiste à s'engager juste à gauche du centre et à garder la gauche pour sauter un seuil de façon à se retrouver tout à fait à gauche du rapide, à mi-chemin de ce dernier. Puis, continuez sur la dernière moitié en gardant toujours la gauche de façon à passer un rouleau abrupt. C'est une descente facile à bas niveau puisque vous pouvez arrêter dans un contre-courant vers le milieu du rapide. La difficulté augmente avec le débit.
Tumbling Dice
classe R III, peu importe le débit
Après un virage en aval de Rock and Roll, la rivière se rétrécit un peu, ce qui indique le début d'un long et facile rapide. Le deuxième seuil de ce rapide a une vague sur laquelle on peut surfer, elle est surnommée The Two-Four Wave. Elle est toujours présente à un débit supérieur à 86 m3/s (anciennement 120 m3/s), mais meilleure à un débi entre 100 et 170 m3/s (anciennement 140 et 220 m3/s). Le rapide continue après le virage en une série de vagues faciles qui se terminent avec le commencement d'une section d'eau calme qui passe près de la route 101.
Buttonhook
classe R III-IV+, selon le débit
Quand le niveau de l'eau est bas, ce rapide est l'endroit où vous remarquerez le lit rocheux de la rivière pour la première fois. Si le niveau est plus élevé, ce rapide est vraiment l'endroit où vous pourrez goûter à la force et au caractère dynamique de la Kipawa. À de très hauts débits, les kayakistes peu expérimentés et peu habitués à un tel bouillonnement classent ce rapide R V. À bas niveau, descendez comme bon vous semble. À des débits supérieurs à 55 m3/s (anciennement 80 m3/s), prenez la voie classique à gauche du centre et dirigez-vous rapidement vers le centre. Puis, prenez à droite pour vous arrêter dans le contre-courant formé au coude de la rivière. Vous venez alors de descendre la moitié supérieure du rapide. Descendez la moitié inférieure en commençant par la droite. Gardez la gauche si le niveau est bas; gardez la droite si le niveau est haut.
Three Blind Mice
classe R III à tous les débits
Trois petits seuils faciles à descendre. Il y a une petite vague où l'on peut s'amuser à gauche du deuxième seuil.
Broken Bridge
(Classe III pour tous les débits):
Dans le passé, si vous descendiez la Kipawa avec un débit compris entre 86 et 95 m3/s (120 et 130 m3/s en anciennes valeurs), vous pouviez apporter votre album favorit des Beach Boys...car ce passage était alors "surf city". C'était une vague lisse pour 3 bateaux que l'on quittait difficilement. Quand Tembec, la compagnie forestière locale, reconstruisit le pont il ya quelques années, les contre-courants permettant d'accéder à cette vague disparurent. Il est toujours possible de pratique de l'open-wave play à certains débits.
Island Rapid
classe R III à tous les débits
Après le Pont Brisé, la rivière se divise autour d'une île. La branche de gauche est plus facile. La branche de droite est praticable à tous les niveaux, mais on y trouve des rochers quand le niveau est bas, ce qui requiert une attention particulière. La rivière se calme pour un moment après ce rapide.
Log Jam Rapid
classe R III, peu importe le débit
Ce rapide est le début de la partie la plus abrupte de la Kipawa. Ne vous aventurez pas en amont de l'île de l'Embâcle. Nous avons vu cet amoncellement debillots à bas niveau et croyez-nous, c'est facile de le sous-estimer. Descendez avec la veine centrale située sur le côté gauche de l'île. Situez-vous juste à droite du centre et demeurez-y. Descente facile.
Zipper
classe R III-IV, selon le débit
On ne connaît pas l'origine de ce nom, mais il demeure l'endroit où l'on retrouve la plus grande vague de la rivière. La descente est toujours la même. Prenez la veine principale près du côté gauche de la rivière. Un peu plus bas, après un petit virage, on retrouve un replat rocheux formant un rouleau du côté droit de la rivière et une vague du côté gauche. La vague forme parfois un rappel, mais elle est toujours praticable. Si le débit s'approche de 130 m3/s (anciennement 175 m3/s), la vague est très grande. S'il est autour de 170 m3/s (anciennement 220 m3/s), la vague est énorme. Si le débit atteint 260 m3/s (anciennement 315 m3/s), cette vague prend des proportions galactiques. La vague vous pousse vers la gauche, ce qui peut être dangereux parce que ce côté est très rocheux. Si la vague est très puissante, approchez-la vers la droite et vous vous en sortirez bien.
Upper White Pine
classe R III à tous les débits
Il s'agit d'une série de virages et de vagues où l'on trouve un petit et populaire endroit pour surfer.
Lower White Pine
classe R III à tous les débits
Aussi connu sous le nom de Cattle Prod, cette chute courte et abrupte forme un seuil de presque deux mètres si le débit est bas. Vagues diagonales très agréables et beaucoup d'action. Prenez le côté gauche de la chute.
Picnic
Picnic (Classe III-VI selon le débit):
Le Picnic, doit son nom à la table de pique-nique installée sur le promontoire rocheux de la rive droite. C'est un trou qui barre la rivière sur toute sa largeur et qui est aisément franchissable mais peut rappeler pour des débits supérieurs à 70 m3/s (100 m3/s en ancienne valeur). On peut faire de belles figures dans le trou du Picnic avec un bateau court. A 310 m3/s (357 m3/s en ancienne valeur) on a vu un grand arbre qui restait pris dans le rappel, ce qui a permis à des randonneurs téméraires de passer d'une rive à l'autre.
Par faible débit, choisissez une trajectoire et lancez vous. Pour des débits moyens à élevés, partez du centre en pagayant vers la droite pour arriver au coin où la vague venant de la rive rejoint le bord du grand rouleau; ou encore, descendez tout à fait du côté gauche en faisant attention au bord du grand rouleau.
La Grande Chute
N'y pensez même pas! Portagez à droite.
C'est une cascade de trente mètres avec trois chutes R IV-V que l?on peut pratiquer à bas niveau. Les deux chutes suivantes n'ont jamais été descendues avant le 24 août 2001. Brent Cooper, Mike McCubbin et Ben Aylsworth ont résolu le mystère des Grandes Chutes à un débit extrêmement bas.
Elbow Rapid
Classe R III-IV+
Mettez-vous à l'eau en bas de la Grande Chute et vous êtes sur le rapide du Coude. En 1985, quand le débit était de 95 m3/s (anciennement 130 m3/s), un pagayeur québécois brisa 60 cm de son kayak de fibre de verre et chavira dans le premier grand rouleau situé après le coude au début du rapide. On ne revit jamais son embarcation? En 1996, nous avons vu un bateau pneumatique de rafting de 5 mètres chavirer au même endroit. Si le débit est bas, vous descendrez sans problème. À débit intermédiaire ou élevé, commencez à droite en vous dirigeant vers le centre pour atteindre la gauche à votre arrivée au coude. L'objectif est d'éviter le grand rouleau situé du côté droit de la rivière vers lequel le courant se dirige et d'atteindre plutôt le grand contre-courant situé sur le côté gauche de la rivière où vous retrouverez vos compagnons. La section inférieure de ce rapide est agréable et se descend directement à travers les vagues et les petits rouleaux.
Hollywood
Classe R IV-VI, selon le débit
Ce rapide fut nommé ainsi en hommage aux cinéastes qui firent de cette propriété leur résidence d'été, il y a de cela bien longtemps. Ce rapide paraîtrait bien sur n'importe quelle rivière. C'est une descente difficile en bateau et encore plus difficile à la nage. À faible débit, ce rapide peut être descendu du début à la fin. La section centrale fut appelée le Dragon de Pete après que Peter Karwacki l'eut descendue pour la première fois. Elle comporte essentiellement trois seuils très rapprochés. Descendez le premier seuil en passant par une petite chute sur la droite, à travers un petit rouleau abrupt qui peut vous faire dévier de votre trajectoire (la Queue du Dragon). La plupart des kayakistes préfèrent éviter ce rouleau plutôt que de le combattre. Puis, vous vous trouverez immédiatement sur le deuxième seuil. Pagayez rapidement vers le coussin de pierres sur la droite et laissez votre kayak tourner un peu et déraper latéralement vers la gauche. Vous finissez par descendre le seuil et vous vous retrouvez dans un rouleau qui vous positionnera pour descendre le second seuil (le Ventre du Dragon). Essayez de faire en sorte de vous retrouver dans le contre-courant à 266 droite de la rivière. Là, vous aurez la possibilité de voir votre descente de trois à quatre mètres juste derrière vous (la Gueule du Dragon). La descente n'est pas un problème. La chute est moins abrupte vers la droite, mais nous l'avons descendue partout. Je pense que cette partie a été pratiquée jusqu'à 50 m3/s (anciennement 75 m3/s). À vous de décider. À un débit supérieur, cette section n'est pas praticable. On retrouve à droite, en aval, un rocher sournois qui vous éjecte du rapide vers un endroit qui n'est guère plus humide que le sentier de portage. À tous les débits, vous pouvez descendre à partir du haut et sortir juste avant le Dragon de Pete. Toutefois, sachez que vous devez sortir dans un petit contre-courant situé dans un rapide difficile (R III+) et juste avant des seuils très difficiles! Si vous ne vous sentez pas à l'aise, il vaut mieux portager. C'est un court portage à droite du Dragon de Pete et vous pouvez vous mettre à l'eau pour la moitié inférieure de Hollywood.
Dirigez-vous d'abord vers le centre et ensuite vers le côté gauche de la rivière.
C'est une descente facile et agréable dans des eaux tourbillonnantes avec tellement de vagues surprenantes que l'on se demande d'où elles peuvent bien sortir. L'objectif est de descendre du côté gauche jusqu'en bas alors que la majeure partie du courant vous incite à aller vers la droite. La conséquence d'une descente par la droite est un réveil brutal dans le Davey Jones Locker, un rouleau plutôt large et très dynamique. Ce dernier surprend bon nombre de kayakistes et on y trouve fréquemment des spectateurs sur le rivage avec leurs appareils photo, prêts à croquer ce moment précieux!
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